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Dimanche 19 novembre
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Tambour-major à Gougnies


Ce texte m'a été inspiré par un geste de sympathie, le réconfort d'un collègue et ami tambour-major qui m'apporta, avec beaucoup de gentillesse, son soutien lorsque ma santé m'enleva malheureusement le bonheur d'exercer ma fonction au sein de notre marche. José fêtait alors ses 20 ans de participation à la Sainte-Rolende à la tête de la batterie des Flaches. Il sait combien son geste ce jour-là m'a fait chaud au coeur, j'en avais bien besoin...

Emotions entre Marcheurs...

Lorsque les premiers coups de baguettes annoncent sur la scène du terroir le premier acte du plus émouvant et vivant spectacle de l'année, le Marcheur authentique ressent au plus profond de son être une émotion indescriptible, comme un extraordinaire frisson issu de la tendre enfance. C'est ce sang-là qui coule dans nos veines, comme la sève dans les racines des traditions locales. Ce n'est donc pas seulement par la magie du folklore que nous vivons tous celui-ci avec la même intensité, c'est parce qu'il est nôtre, que nous en avons hérité et que dans le cadre de la ferveur d'une merveilleuse dévotion, nous devons l'accompagner dignement sur le chemin de l'avenir.

C'est vrai, c'est fort, et seuls des non-marcheurs pourraient en douter...

Alors que dire lorsqu'on a le fabuleux privilège de marcher tambour-major au sein d'une des plus prestigieuses processions de l'Entre-Sambre-et-Meuse?
Oh oui, bien sûr, il y a le prestige du costume, l'emblématique image de la fonction dans le monde des Marches. Les enfants de chez nous jouent au «tambour-major» dans les rues du village ou dans la cour de récréation. Souvenez-vous, on allait à l'école avec un bâton enrubanné et le toit du préau amplifiait les «blibli» de nos tambours imaginaires. Peu parmi ces garnements ont eu l'occasion de réaliser leur rêve, forcément, mais tous sont aujourd'hui Marcheurs et papys de Marcheurs...

Mais au-delà de la prestance suscitée par son rôle, le tambour-major est un chef d'orchestre qui, de la première à la dernière seconde de la prestation, doit donner le rythme au respect des traditions locales. Il ne suffit pas de connaître sa partition, il faut vibrer avec les peaux, percevoir les différentes marches avec la même sensibilité que celle des anciens et entretenir avec les tambours la plus conviviale complicité. Une telle démarche permet à toute la compagnie de ressentir la sérénité du bon déroulement de la procession et c'est grâce à cet engagement que l'on obtient l'immense satisfaction d'entendre dire : «on aime marcher chez nous, on a l'impression d'appartenir à une grande famille!»

Marcher tambour-major implique le devoir de rester un exemple de dignité, de ponctualité, de respect des traditions, mais cela offre aussi l'immense bonheur de vivre sa Marche dans le coeur-même de celle-ci, de ressentir avec sa batterie les plus intenses vibrations du terroir, celles d'un « pas ordinaire » auquel l'entrée dans l'église apporte des résonances phénoménales ou celles des « vieilles » qui, dans les petites rues de Gerpinnes lors de la Rentrée, rebondissent sur les vieux murs de pierres pour stimuler les derniers pas de nos fiers pelotons...

Marcher tambour-major, c'est aussi une épouse qui accepte, et qui dans les coulisses, discrètement mais oh combien efficacement, assure le ravitaillement de toute l'équipe. Les tours d'horloge se succèdent très rapidement les jours de fête et ces dévouées complices ont décidément beaucoup de talent, on ne le dira jamais assez...

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours eu beaucoup d'admiration et de respect pour les tambours-majors qui se sont succédé au sein de notre compagnie. Je n'ai pas connu la remise en marche de celle-ci à l'issue de la guerre. Je n'ai donc de Jules Frédérique et d'Hector Grégoire que l'image que les anciens m'en ont donnée. Mais de tous les tambours-majors qui ont marqué mon statut de marcheur, je dispose dans l'album de mes souvenirs d'emplacements de choix, ceux que l'on ne peut contourner quand on le compulse.

Grâce à gougnies.be, je peux vous en offrir une petite galerie...

Jean Marcelle



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Gougnies - Dossier Tambours Majors - JM  - Cliquez pour agrandir Gougnies - Dossier Tambours Majors - JM  - Cliquez pour agrandir Gougnies - Dossier Tambours Majors - JM  - Cliquez pour agrandir Gougnies - Dossier Tambours Majors - JM  - Cliquez pour agrandir Gougnies - Dossier Tambours Majors - JM  - Cliquez pour agrandir Gougnies - Dossier Tambours Majors - JM  - Cliquez pour agrandir Gougnies - Dossier Tambours Majors - JM  - Cliquez pour agrandir Gougnies - Dossier Tambours Majors - JM  - Cliquez pour agrandir
Dans l'ordre:
1946: Jules Frédérique.
1947-1952: Hector Grégoire
1953-1956: Jules Marcelle
1957-1964: Francis Martin
1965-1970: Fernand Looze
1971-1995: André Looze
1996-2004: Jean Marcelle
Depuis 2005: Claude Charlier
Photos coll: Jacques Monnoyer, Jean Marcelle, André Looze, Josiane Bruneau

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Commentaires
Par hatert marie rose le mardi 10 novembre 2009 à 01h56
j aimerai bien de revoir les anciennes eleves brigitte magonettes etc
Par jean le samedi 31 octobre 2009 à 11h59
Un peu de temps pour rassembler les bonnes clefs, et on ouvre, c'est promis !
Par stefan le vendredi 30 octobre 2009 à 14h55
sergent sapeur porte drapeau et diverse oficiers majors adjudant payeurs qui se sont aussi succeder je presume sans oublierbien nos porte chapeaux avant leurs supresions et pourquoi pas ouvrir d autres rubriques bravo.
Par stefan lardinois le vendredi 30 octobre 2009 à 14h20
j en apprend tout les jours et ce n est surement pas fini gerpine citee du folklore nous le savons bien. be rad el pintcousse
Par grand père carly le mercredi 28 octobre 2009 à 16h57
Encore une fois très heureux de te lire ami Jean.

Entre les deux guerres, Gougnies a connu un Tambour Major remarquable qui répondait au patronyme de BERNY ( le frère de Jeanne ). Si un collectionneur quelconque en détient une photo, ce serait bien de la faire paraître.
A l'époque, le Tambour Major défrayait la batterie sur sa cassette personnelle et certaines Pentecôte se sont terminées, paraît-il, le jeudi suivant. Berny était technicien aux ACEC et gagnait très bien sa vie......

Grand Père Carly
Par Willy Moreau le samedi 24 octobre 2009 à 11h29
oui Jean il est indéniable que tu es et resteras le chantre des vrais marcheurs.Que les nouvelles générations s'en inspirent pour la pérénité de notre Marche
Par Christine Charlier le lundi 19 octobre 2009 à 22h20
Encore un très beau texte qui traduit tellement bien cette émotion que tu dis pourtant indescriptible.
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