X
Dimanche 19 novembre
Nuageux
Temp Min : 2 °C
Temp Max : 7 °C
Coup de projecteur sur le monument aux morts

Le monument aux morts, érigé sur la place communale, est évoqué par ailleurs dans notre dossier consacré à l'historique de Gougnies.
Pour réaliser un travail dans le cadre de ses études, Aline Cabut s'est attachée à l'historique de ce symbole des moments dramatiques de l'histoire du village. Nous vous présentons ci-après les résultats de ses recherches.

Comme beaucoup de Gougnaciens, je passe tous les jours devant le monument aux morts situé sur la place du village sans vraiment m'y intéresser.
Tout le monde je pense n'y prête vraiment attention que lorsque nous le célébrons au moment de la Pentecôte et encore …
Je me suis penchée sur son histoire et voici ce que je peux vous raconter :

Le monument commémoratif des guerres 1914 - 1918 et 1940 - 1945 a été érigé en hommage aux victimes civiles assassinées et aux militaires tombés au champ d'honneur pendant les deux guerres afin de donner aux héros du village un monument digne de leur mémoire.

L'érection du monument a été décidée lors du conseil communal de Gougnies le 30 juin 1921. Trois mille francs ont été prévus pour la construction et 1500 francs pour l'organisation de la fête d'inauguration.
Le 20 septembre 1921, il est décidé en conseil communal que le « chantier » sera attribué à Léon Mengeot.
Lors de la séance du 26 Août 1922, le budget prévu pour la construction doit être revu. Il est alors admis que le montant s'élèvera à 8000 francs.
Le 22 mai 1923, le conseil autorise, suite à une lettre de demande du comité des anciens combattants, le placement d'un grillage avec barrière autour du monument et l'élaboration d'un parterre.
Après la seconde guerre mondiale, il a été décidé d'y ajouter le nom des victimes gougnaciennes de ce nouveau conflit.


Cliquez sur les photos pour les agrandir
Cliquez pour agrandir Gougnies - Cliquez pour agrandir
Le monument entre les deux guerres (Editions Préaux à Ghlin - 1934 - Collection Jacques Monnoyer) et aujourd'hui ceint d'une grille. (Photo Aline Cabut)

Avant 1920, il y avait un étang appelé « l'abreuvoir » à la place du monument. L'école communale accueillait les garçons.
Pour leur apprendre les tables de multiplications, l'instituteur de l'époque faisait tourner ses élèves autour de l'étang en récitant les tables.

Cliquez sur le plan pour l'agrandir
Gougnies - Cliquez pour agrandir
Au centre de ce plan au 1/2.500e du centre du village, on voit nettement l'abreuvoir et l'école attenante.
(coll. famille Gaspar)

On ignore qui est précisément à l'origine du projet d'érection d'un monument. Mais il est vraisemblable qu'il s'agissait d'une recommandation des autorités nationales, dans un but patriotique et sans doute aussi d'une demande des villageois pour rendre hommage aux héros.
Après avoir examiné diverses offres en 1921, le conseil communal a décidé de passer commande à Monsieur Léon Mengeot aux conditions qui seront fixées par le Bourgmestre.
Léon Mengeot était marbrier à Gougnies.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir
Gougnies - Cliquez pour agrandir
Léon Mengeot et son bourricot qui devait être bien costaud.
(coll. Philippe Mengeot)

Cependant, un nom qui est différent de celui de Léon Mengeot apparaît sur le bas du monument. Le marbrier aurait-il lui aussi passé commande de ce monument à Oscar Lebrun ?
Malheureusement, je n'ai trouvé aucun document, aucune information pour répondre à cette question.

Le monument haut de 4,10 m a été réalisé en pierre. Des plaques en pierre ont été ajoutées en 1945 en sa partie basse. On y trouve le nom des combattants victimes de cette guerre.
Le monument est sobre et il y a peu de décorations. Seul, le devant est décoré Les inscriptions prennent beaucoup de place sur cette face et sur les côtés du monument.

On peut lire les inscriptions suivantes :

Militaires tombés au champ d'honneur

Piret Maurice 6 août 1914
Deprez Clément 16 avril 1915
Absil Joseph sergent 26 juillet 1917
Michel Joseph 27 décembre 1917
Baufayt Joseph le 27 mai 1940
Berger Emile le 21 mai 1940
Fréderic Léon le 10 janvier 1943


Civils lâchement assassinés par les Allemands

Grégoire Emile 23 août 1914 à l'âge de 60 ans
Thiry Joseph 23 août 1914 à l'âge de 84 ans
Piret Adelin conseiller provincial 25 août 1914 à l'âge de 74 ans

Tayenne Alfred le 10 mai 1940
Soumillon Emile le 16 mai 1940
Delporte Simone le 16 mai 1940
Soumillon Daniel le 16 mai 1940
Mathieu Maria le 16 mai 1940
Blondiaux Adolphe le 20 mai 1940

La commune reconnaissante

Oscar Lebrun
Près de l'Eglise
Mettet

1914-1918
1940-1945
Aux héros
Morts pour la patrie


Plusieurs décorations comme la couronne mortuaire, le laurier, la flamme et l'épée rappellent le courage des héros lors du combat.

Ainsi on retrouve :

La couronne mortuaire: c'est le symbole d'éternité
Le laurier : Le laurier a un feuillage persistant; il suggère ainsi l'éternité et depuis l'époque romaine, il est aussi associé à la gloire
Pour le motif central :
L'urne : C'est un récipient conçu pour contenir les cendres humaines.
La flamme : Elle évoque la vie. Elle peut aussi suggérer le souvenir vivace et la transmission.
L'ancre : Symbole de l'espérance.
L'épée : Elle est présente sur la sépulture des soldats morts au combat, elle suggère alors la bravoure et la défense de la Patrie.
La croix : Symbole de la foi.
Le blé : Il représente la vie

Le 11 novembre, les membres du conseil local paroissial (CLP) organisent une célébration de l'armistice à l'Eglise. Les autorités y sont invitées.
A la fin de la célébration, l'assemblée se rassemble autour du monument pour écouter le Brabançonne.
Le lundi de Pentecôte, une décharge est tirée par le canon en l'honneur des combattants. Une gerbe de fleurs est déposée au pied du monument par les autorités communales tandis que des trompettistes jouent la musique « au champ d'honneur ». Le drapeau belge est levé.

Cliquez sur la photo pour l'agrandir
Gougnies - Cliquez pour agrandir
L'hommage du Lundi de Pentecôte
(Photo Aline Cabut)

En 1922, le coût total du monument était de 8000 francs. Mais qu'est ce que cette somme représente actuellement ?
Sachant que l'institutrice en 1920 gagnait 5.800 francs par an (conseil communal du 17/12/1920) et sachant qu'une institutrice gagne plus ou moins, en 2007 et en début de carrière, 580.000 francs/an, on peut donc estimer que le monument aurait coûté l'équivalent de 800.000 francs aujourd'hui soit 19.831 euros.
Il est important de souligner que ce genre de calcul est difficile et ne peut amener qu'à une approximation.

Aline Cabut

retour en haut
Commentaires
Par axel le mercredi 14 octobre 2009 à 19h23
just la pierre?
Par axel le mercredi 14 octobre 2009 à 19h22
dites quels sont les matériaux utilisés?
Par willy le jeudi 27 novembre 2008 à 17h46

Proficiat Cabusette tu as eu plus de chance que moi ou je m'y suis mal pris car je m'étais même muni d'un produit pour essayer de lire les noms sur le monument En vain
Il serait souhaitable que la commune envisage le nettoyage de la pierre afin que tous les noms soient parfaitement lisible à l'instar de nos pays voisins
si mes renseignements sont exacts Mr THIry Joseph a été assasiné alors qu'il regardait les Allemands débouchés du bois de Sart Eustache
J'avais aussi 'essayé de retrouvr les noms des huits militaires français brulés vifs dans l'ambulance française installée dans la prairie en face du château Piret
Il faut savoir qu'un Officier Francais blessé amené sur un chariot avait été abattu
froidement
je vais reconsulter heures de guerre pour éviter un double emploi

Par stefan le mardi 17 juin 2008 à 16h52
il m arrive parfois de me receuillir au monument au meme titre qu au cimtiere je les lis un par un et j y pense le pourquois il sont mort tres tres excellent travaille je suis sur que tu as fait tout ton possible pour nous informer sur ce monument chose qui n est pas facile felicitation aline bravo !!!!!!!! a l ecole de gougnies ont allait au monument avec madme dominique et madame jancar le 11 11 ont etait oblige sinon gare en classe on avait des points en moin touts sa pour nous senssibilise a la chose.
Par ben le mardi 03 juin 2008 à 10h36
Personnellement, je trouve qu'il est mis en valeur par les grilles et les petites haies. Mais je pense que la décision d'installer cette clôture n'avait pas que des raisons esthétiques. Je suppose qu'on a aussi voulu dissuader les chiens de venir déposer un "hommage" au pied du monument...
Par christophe le mardi 03 juin 2008 à 06h27
Simplement un petit constat perso
Le monument était + en valeur sans les grilles ????
Par carly le mercredi 28 mai 2008 à 19h38
Les répétitions pour le 11 novembre existaient déja à l'époque de Jules Thiry et de Madeleine Vassart.

Personnellement, j'étais dispensé car je réussissait à ce que tout le monde chante faux.

A l'époque, le Curé Brison m'avait classé parmi les "zincs" ce qui m'a sans doute poussé à fréquenter celui-ci plus ou moins assidument ' le zinc" quelques années plus tard.

Jean
Par richard (gozée) le mercredi 28 mai 2008 à 10h16
tout d'abord merci à aline pour le reportage que tu as fait sur le monument aux
morts qui se trouve sur la place de gougnies .
cela ma touché de voir le non de mes parents inscrits dessus .
mon père EMILE SOUMILLON
ma mére SIMONE DELPORTE
mon frère DANIEL SOUMILLON
moi mème j'ai été blèssé d'une balle dans la jambe , nous étions en france
exactement a avesne dansle bois de beugnies quand ils ont été tués part
les allemands . je doit dire également que c'est mon grand-père PAUL SOUMILLON
qui est allé les rechercher avec une charette et un cheval pour les ramener à gougnies . aline encore une fois merci pour ton travaille . richard
Par ditch1 le mardi 27 mai 2008 à 15h30
Grand merci Aline,

Grâce à ton travail, nous jetterons, sur ce monument, un regard différent, plus respectueux!

Merci à l'équipe de Gougnies.be
Par Maurice Monnoyer le mardi 27 mai 2008 à 09h45

Quand nous étions à l'école communale, après la messe du 11 novembre, on allait chanter au monument:

"Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
ont droit qu'à leur cercueil, la foule vienne et prie
..."

"Gloire à la Belgique éternelle, gloire à ceux qui sont morts pour elle.
Aux martyrs, aux vaillants, aux forts..."

La semaine qui précédait, après la récréation de l'après-midi, on allait, sous la conduite de Monsieur Maquet, répéter cette chanson à l'école des filles.
Par emma le mardi 27 mai 2008 à 07h44
Beau travail Aline, félicitations. Le petit garçon sur le bourricot est soit mon parrain Raymond Mengeot ou mon papa Adelin. Le garage était l'atelier de mon grand père, marbrier.
Ajoutez un commentaire :
Conditions d'utilisation
Votre nom :

Votre commentaire :
retour en haut